Trente-quatre

Trente-quatre

Trente-quatre, c’est 35-1. Un chiffre qui me donne des frissons plutôt que des fous rires. J’ai toujours eu du mal avec les âges qui finissent par 4. C’est pourtant mon chiffre mais je me souviens d’avoir refusé d’être bien lunée quand c’est arrivé pendant la dizaine d’avant.  C’est peut-être que l’arrivée à mi-chemin est pour moi plus importante que le passage à l’étape d’après : une sorte de bilan obligatoire qui nous donne envie de courir encore un peu plus vite vers ce qu’on veut accomplir, avec parfois la sensation de s’être épuisé « pour rien » quand on regarde en arrière.

J’aimerais me dire juste avant mes 35anspresque40, que je me connais, que je sais comment gérer ma personnalité, que j’ai réglé des milliards de choses qui devait l’être. Que je mène ma barque sans sourciller vers les rêves de ma vie et que jamais je ne me laisse submerger par les vagues de la vie. En réalité, j’ai l’impression de toucher du bout des doigts ce moi virevoltant à chaque fois que je le cherche, et je le vois s’enfuir à toute vitesse pour le plaisir de me voir continuer à courir dans tous les sens.

Trente-quatre, c’est l’âge où j’ai décidé de renouer avec mes premières amours, pour de vrai. La musique que j’ai trop longtemps laissé de côté. La lecture parce que le temps ne passe pas pareil quand on se plonge dans un livre. L’écriture parce que délaisser cet endroit, et les autres que j’ai envie de créer, ça me rend triste. Ça me rend triste parce que j’ai laissé les peurs des autres me dire qu’il fallait avoir des passions « utiles »  dans la vie, qu’être trop rêveur, ce n’est pas bon pour la santé. Alors j’ai remplacé les vocalises par un écran de téléphone sur lequel je ne créé pas grand-chose d’autres que des frustrations.

Trente-quatre, c’est aussi l’âge des convictions, des petits combats du quotidien, de la revendication. C’est cultiver son droit à la différence, même si on se demande toujours si la vie qu’on a choisi nous rend vraiment heureux, si on ne va pas manquer un truc si on ne fait pas pareil que la voisine (la sacro-sainte comparaison, la mère de tous les [mes] maux). C’est se rendre compte qu’on veut une vie légère, qu’on apprécie quand même bien ses habitudes. C’est aimer moins de gens mais les aimer beaucoup plus fort, comme si on formait la même famille, les obligations en moins.

Trente-quatre, c’est être focalisé sur son corps, un corps qui se fatigue plus, qui parfois se fait la malle, qui change beaucoup même si on n’est pas tellement d’accord. C’est se demander pourquoi on n’a jamais pris l’habitude de faire un peu de sport et réparer cette erreur, même si le premier pas est toujours le plus compliqué.

Trente-quatre, c’est être toujours pétrie de mille questions qui fusent mais savoir que là-dedans, pas grand-chose n’est grave. C’est savoir que tout va bien se passer si on décide de coller un sourire sur ses journées, c’est apprendre à lâcher-prise, un peu plus tous les jours, même quand on est morte de trouille. Même (et surtout) quand on est fatiguée.

Trente-quatre

Trente-quatre, c’est l’âge où je voudrais transpirer le vrai moi par tous les pores de ma peau, celui que je vois quand je m’observe à l’intérieur.

J’espère que pendant cette année des trente-quatre,mon envie de bien faire décidera de faire ses valises au profit d’un peu plus de passion, de débordement, d’erreurs et de défis. Je souhaite de tout cœur à cette petite année en 4 de déployer ses grandes ailes pour que je m’envole encore un peu plus haut, là où s’est cachée mon âme d’enfant.

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